Si je pouvais remonter le temps et parler à l’enfant que j’étais, que lui dirais-je ? Vaste question.

Je crois que je ne chercherais pas à lui expliquer le futur ou à lui promettre que tout ira bien (même si j’en ai envie)

Je ne lui ferais pas de promesses que je ne saurais pas tenir. Je ne lui dirais pas que les blessures disparaîtront.

Je crois que je lui dirais quelque chose de beaucoup plus simple.

Je lui dirais sûrement :

« Tu n’es pas responsable. »

« Tu n’as rien fait pour mériter ce qui t’arrive. »

« Tu as le droit d’avoir peur. »

« Tu as le droit d’être en colère. »

« Tu as le droit de ne pas comprendre. »

Et surtout, « tu as le droit d’être entendue »

Lorsque l’on grandit dans un environnement où certaines choses ne devraient jamais arriver, il est fréquent de développer des croyances qui nous suivent longtemps.

On pense que l’on est différente, que l’on vaut moins que les autres, que l’on doit mériter l’amour, que l’on doit toujours être forte…

Avec les années, j’ai compris que beaucoup de ces croyances ne m’appartenaient pas et qu’elles étaient nées de circonstances, de mes traumatismes, de mes

expériences. Des silences rencontrés, de mes blessures… et non de ma valeur réélle en tant qu’humaine. 

 

Aujourd’hui, lorsque je rencontre des personnes qui traversent encore les conséquences de leur enfance, je constate souvent les mêmes interrogations personnelles : Suis-je assez bien ?  Ai-je le droit d’exister pleinement ?  Puis-je être aimé(e) tel que je suis ? 

La réponse est oui. Toujours oui.

Si j’écris des chansons aujourd’hui, c’est aussi pour transmettre ce message d’amour pour soi, et donc pour les autres.

Parce qu’il existe peut-être quelque part une personne qui a besoin d’entendre ce qu’elle n’a jamais entendu. 

Une personne qui a besoin que quelqu’un lui rappelle qu’elle n’est pas seule.

Une personne qui a besoin de comprendre que son histoire ne définit pas sa valeur.

Nous ne choisissons pas notre passé, mais nous pouvons apprendre à nous parler avec davantage de douceur.

Et parfois, cette douceur devient le début d’une reconstruction.