Pendant longtemps, j’ai cru que la guérison fonctionnait comme un escalier. 

Une marche après l’autre. Toujours vers le haut.  Toujours dans la même direction.

J’ai aussi longtemps cru que tout comprendre m’assurerait une guérison efficace, assurée et réussie.

Avec le temps, j’ai découvert une réalité beaucoup plus complexe…! 

La guérison ressemble davantage à un chemin sinueux, fait d’avancées, de pauses, de doutes et parfois même de retours en arrière. Et tout n’est pas seulement à comprendre, mais à vivre.

Nous vivons dans une société qui valorise les résultats visibles. On aime les transformations rapides, moi la première, j’ai besoin de résultats francs, visibles, nets, clairs.

Les avant-après sensationnels, les récits où tout finit par s’arranger, les happy endings, on adore …mais lorsqu’il s’agit de reconstruction, les choses sont rarement aussi simples.

Certaines blessures demandent du temps, beaucoup de temps. 

Parfois, on pense avoir tourné une page. Puis une émotion revient. Un souvenir refait surface. Une situation réveille quelque chose que l’on croyait apaisé.

Et cela peut être décourageant. Cela l’a profondément été pour moi alors même que j’étais engagée dans un processus thérapeutique sur lequel je misais beaucoup.

Mais en prenant du recul et en testant, je m’aperçois que les deux ne sont pas incompatibles. Ces moments ne signifient pas que tout le travail accompli a disparu. Ils font partie du processus. Finalement, je comprends que la guérison n’est pas l’absence de douleur mais plutôt la capacité grandissante à vivre malgré cette douleur.  À ne plus la laisser définir entièrement notre existence.  À retrouver de l’espace pour d’autres émotions. Pour d’autres projets. Pour d’autres rêves.

Avec le temps, j’ai appris à regarder mon parcours avec davantage de douceur et à accepter que certaines périodes soient plus difficiles que d’autres. À comprendre que la reconstruction n’est pas une course car il n’y a pas de chronomètre, pas de ligne d’arrivée officielle, même si la société nous conditionne à performer sans cesse. Chaque reconstruction est profondément personnelle. Il n’y a donc pas de mode opératoire prêt à l’emploi, facile, simple, comme une recette à suivre. Seulement un parcours propre, jonché d’essais, d’expériences, de doutes qui nous font grandir.

Aujourd’hui, lorsque je regarde le chemin parcouru, je ne vois pas une progression parfaite mais plutôt une succession de petits pas :

  • Des moments de courage ;
  • Des moments de fragilité ;
  • Des moments où j’ai continué à avancer même lorsque je ne voyais pas encore où le chemin menait.

Et je crois que c’est cela, au fond, la véritable guérison.

Non pas devenir quelqu’un d’autre, mais apprendre peu à peu à vivre pleinement avec ce que nous sommes devenus.